Une chronique d'Henry Plée
Les Yamabushis “moines guerriers de la montagne”, prétendaient être capables de voir l’aura des Samouraïs qu’ils affrontaient. Ce qu’ils justifiaient pour leur efficacité extraordinaire.
Selon ces moines guerriers, adeptes de recherches magiques guerrières. Les Ninjas les côtoyaient et s’influençaient mutuellement sur le plan technique et spirituel. L’aura d’un Samouraï passait du jaune intense au rouge lorsque ce dernier s’apprête à attaquer. Anticiper son attaque devenait alors d’une facilité enfantine.
Qu'est-ce que l'aura ?
“L’aura” est-elle un mythe ou une réalité ? Je pencherai vers la réalité, au même titre que les ondes radio et similaires. Ou certains rayons, invisibles, mais bien réels. L’aura serait “un rayonnement caractérisé par un halo de 10 à 15 cm entourant la tête ou tout le corps. Ainsi variant du jaune or (le mental), au rouge (l’émotion), et au violet (la spiritualité)”.
Je mets le tout au conditionnement et je ne ferais aucun commentaire… vu que je ne l’ai jamais vue.
Néanmoins, force est de constater que TOUTES les religions du monde, monothéistes ou polythéistes, évoquent l’aura dans leurs textes millénaires. Conjointement avec des particularités “Prophètes ou Messagers. Tels que la lévitation, la bilocation, leur odeur corporelle “suave” (d’où l’expression “en odeur de sainteté”) et un rayonnement étrange.
Dans les peintures anciennes
Les peintures anciennes, de l’Inde, de la Perse ou du Proche-Orient, représentent TOUTES leurs Saints et Saintes. Prophète, Messager et Compagnons de ces derniers… Avec le corps rayonnant d’une aura diffuse, et la tête entourée d’une auréole (vient de “Couronne d’or”). Ainsi qu’une sorte de flamme (peintures Perses, les seules à avoir représenté le Prophète, sans voile ou avec un voile devant le visage).
Aura et auréoles n’étant visibles que par les “initiés”, les incrédules avaient toutes les raisons de l’être. Néanmoins, une telle unanimité dépassait le mythe et il ne pouvait y avoir autant de fumée sans feu.
Le “feu” fut photographié vers les années 1970. Un physicien, le Dr Kirlian, réussit à mettre au point un appareillage permettant d’obtenir une photographie de l’aura entourant sa main.
Vous avez probablement vu certaines de ces photographies en couleurs, étonnantes : un rayonnement de 1 à 2 cm. Variant du jaune à l’oranger et au rouge, entoure les doigts, le pouce où rayonne la plus forte intensité. Les “magnétiseurs”, dont “l’effet Kirlian” montrait des auras particulièrement intenses. Furent d’autant plus ravis que les photographies des mains de leurs malades déprimés présentaient une aura très faible. Ne dit-on pas d’ailleurs “je suis vidé !”.
L'effet Kirlian confirme la réalité de l'aura
D’autres expériences “Kirlian” prouvèrent qu’une aura existe autour de toute vie sur terre et sur mer. Les chercheurs passèrent de l’animal au végétal. La frontière qui les sépare est mince (des modifications génétiques ont pu être faites en incorporant des gènes humains dans des végétaux tels que la plante du tabac et vice versa).
Or, l’expérience Kirlian des seventies fut tellement dérangeante que ne pouvant en tirer aucune conclusion ni de suite pratique… “On” n’en parlera plus. Surtout après l’expérience suivante : une feuille détachée d’un platane fut posée sur une plaque Kirlian, et photographiée. Le rayonnement or, orangé et rouge était le même que pour une main d’homme. Ce qui n’avait rien d’étonnant. En revanche, lorsque l’on coupa un tiers de cette feuille et que la feuille amputée fut posée de nouveau sur la plaque, puis photographiée… La partie coupée était visible “comme si la feuille était intacte” et ce “fantôme” rayonna durant plusieurs heures avant de disparaître.
Au vu de ce qui précède, il y a de quoi voir notre incrédulité vaciller.
Les textes martiaux évoquent l'aura
Dans son “HEIHO KADENSHO” (= Essence de l’héritage des Arts Guerriers) le Maître d’Armes Yagyu Munenori Tajima-no-komi (1571-1647), écrivit en 1643 : “Le secret et le mystère (shimpi) font naître une fausse sécurité si l’on s’y repose”.
Pourquoi parler du “mystère” dans un manuel ultra-sérieux destiné aux Samuraïs ?
Ainsi, si un Samuraï était effectivement prêt à se sacrifier à chaque instant pour son Seigneur. Il n’en était pas pour autant indifférent devant la mort. Afin de faire face à l’angoisse qui le tenaillait plus ou moins, pour le moral il se réfugiait dans le Bouddhisme Zen. Pour la technique, il s’intéressait volontiers aux techniques mystérieuses utilisées par les Yama-Bushis… que les Samuraïs évitaient d’affronter.
Qui étaient les Yama-Bushis ?
En Chine et au Japon, dès la création des monastères, l’insécurité imposa qu’un certain nombre de moines ou de bonzes prennent les armes pour protéger leur communauté. En Chine ils se nommaient Sengbin. Les moines Shaolin étaient des Sengbin.
Leurs homologues japonais furent les Sohei (“moines gardiens”).
Or, au Japon, il existait également des défenseurs pour les monastères retranchés dans les montagnes, nommés Yama-Bushi (=”guerriers de la montagne”). Ces derniers étaient plus que de simples moines gardiens. Ils ne restaient pas uniquement dans l’entourage du monastère et, pour diverses raisons, ils ne manquaient jamais de défier les Samuraïs qu’ils rencontraient.
Ils ne les tuaient pas, mais ils les ridiculisaient si facilement que ces Samuraïs se justifiaient en prétendant avoir été vaincus par la magie et non par la science des armes.
L'épopée de "Benkei et Yoshitsune"
Cette épopée rappelle notre “Chanson de Roland”, où ce dernier souffle dans son cor à Roncevaux (en 778) pour avertir son Oncle, Charlemagne, qu’il venait d’être battu à plate couture par les Basques…
À une différence près, la légende de Benkei et Yoshitsune (en 1174) est une épopée authentique.
Un Yamabushi “géant”, nommé BENKEI, armé d’une hallebarde spéciale (Naginata avec une très longue lame courbe et hampe de même longueur). J’en ai une, cette arme assez lourde, mais bien équilibrée devait être redoutable) rançonnait pour le plaisir les Samuraïs passant sur le pont Gojo, à Tokyo.
Lorsque se présenta, en 1174, le jeune MINAMOTO-NO-YOSHITSUNE, un Samuraï âgé seulement de 15 ans, qui était un ancien Yamabushi du Monastère Kuarama-Dera, au nord de Kyoto.
Benkei fut battu, se mit à genoux pour honorer le jeune Yoshitsune et devint son fidèle compagnon jusqu’à leur mort, en 1189.
Or, dans cette épopée émouvante, reprise sans cesse en Théâtre NO et KABUKI, il est dit à deux reprises que l’efficacité quasi magique de Benkei et de Yoshitsune provenait de ce qu’ils étaient capables de voir l’aura de leurs adversaires.
Comment voir l'aura ?
Un certain temps, ayant lu l’épopée de Benkei et Yoshitsune et un texte sur les pouvoirs des Yamabushis, intrigué par cette histoire d’aura, que je ne parvenais pas à voir bien qu’ayant suivi un séminaire coûteux sur le sujet, j’avais interrogé un de mes Maîtres “cachés” (Kage-Shihan).
Ce dernier me dit que voir l’aura était une question de focaliser correctement notre regard. Mais que, même si on ne la voyait pas “intellectuellement”, notre monde intérieur pouvait la voir. Il me dit qu’en faisant de nombreux assauts, au cours desquels nos yeux recherchent la bonne focalisation, peu à peu, on finit par “percevoir” le moment où l’adversaire va attaquer.
Il est alors difficile de réaliser sur le moment si l’on voit l’aura ou si la perception est intuitive. “Cela vient peu à peu” avait conclu ce Maître… en passant à autre chose avec une certaine irritation.
L'univers de la 3e dimension
Que certains hommes soient capables de voir l’aura et d’autres pas, peut s’expliquer pour plusieurs raisons.
Les Hommes (et les grands singes) sont les seuls du règne animal à voir les couleurs (question du nombre de “bâtonnets” dans la rétine, le rouge n’a jamais provoqué les taureaux…
Agitez un linge de n’importe quelle couleur devant ses naseaux et il attaquera).
Mais les Hommes ne voient pas la totalité du spectre (l’ultraviolet par exemple). Dans certains cas, ils ne voient même pas les couleurs, confondant par exemple le vert et le rouge (daltonisme). Et, enfin, la capacité de chacun pour focaliser le regard varie d’un homme à l’autre.
La remarque de mon Maître à propos de la focalisation, avait fait “tilt” dans ma petite machine à penser.
En effet, à cette époque, une découverte du Dr. Bella Julesz intriguait les scientifiques et étonnait le public. Des cartes postales, des posters et des livres étaient parus sur “Les images tridimensionnelles”, “L’univers fascinant de la 3ᵉ dimension”, “Le Pep Art”, “Images Magiques”, “L’œil Magique”.
Si cela vous intéresse, commandez-les aux Éditions JA&T ou Éditions Solar, à Paris, mais la mode de cette découverte est également passée… comme tant d’autres découvertes intéressantes !
Une question de focalisation
Imaginez ça. Avec votre regard “normal” (direct) vous ne voyez qu’un dessin qui évoque la répétition périodique d’un motif à sa “surface”. MAIS si vous focalisez correctement votre regard, l’image se met en relief et vous voyez brusquement apparaître, au loin, une autre image en relief ou en creux, autrement dit “tridimensionnelle”. Une image qui était invisible !
Certaines personnes voient immédiatement l’image cachée. D’autres ont besoin de quelques secondes d’adaptation. D’autres ne voient rien du tout.
Il y a trois façon de focaliser nos yeux pour voir “l’invisible”.
- regarder l’image “au loin”, les yeux dans le vague ;
- regarder l’image “en écartant les yeux” (strabisme divergent) ;
- regarder l’image “en louchant” (strabisme convergeant).
Essayez les trois méthodes. Une devrait fonctionner et devenir votre favorite. Le secret de base est la relaxation mentale. La similitude avec l’Art Martial est évidente. De plus, l’image cachée n’apparaît pas si on “veut absolument la voir”… Et si on la voit elle disparaît lorsque l’on y “pense”.
Je suppose que, comme moi, en lisant avec “la vacuité mentale”, “l’esprit immobile”, “le regard de montagne lointaine”, “le regard direct et le regard périphérique”, “voir sans voir”. Ainsi que me remarque sur les estampes anciennent japonaises d’acteurs de NO ou de KABUKI, qui louchent abominablement en jouant le rôle d’un Yama-Bushi ou d’un Samuraï.
Il y a décidément de quoi se poser des questions “martiales”.
Plus nous avançons en maîtrise, plus nous réalisons que la technique, aussi belle et intellectuelle soit-elle, est en vérité… secondaire.
LA PENSÉE DU MOIS
“Il vaut mieux allumer une seule et minuscule chandelle que de maudire l’obscurité.”

je ne crois pas en l’aura… je la vois
Magnifique article… merci
Très bien écrit
Bonjour Daniella,
Merci pour votre retour motivant, cela est incroyable.
Voir différemment le monde qui nous entour est très important.
À bientôt